Etty Hillesum
Revue de presse
Angélique Boulay transmet le texte d’Etty Hillesum avec une force d’interprétation qui lui appartient, jusqu’à toucher le public étreint d’une émotion collective palpable dans les silences dignement entretenus les répliques durant. Constante du début à la fin de la représentation, Angélique Boulay marque les esprits par les influences du regard qu’elle porte à la narration. L’intonation assure la continuité de son questionnement sur le désir d’aimer et sur la notion d’humanité. Une magnifique interprétation. Etty Hillesum, la flamme d’une âme, une œuvre à voir au Théâtre de l’Echo.
Touché en plein cœur par la finesse et l’intelligence du phrasé, c’est la gorge nouée et les yeux encore rougis par l’émotion que l’on sort du théâtre de l’Echo. Mis en scène par Mourad Berreni « Etty Hillesum, la flamme d’un âme » témoigne d’un petit bout de femme, fascinante et fascinée, qui ne rêvait que d’amour, de fraternité et d’unité. La scénographie entièrement dépouillée, ne retient que l’essentiel : le sublime texte, brillamment interprété par la justesse et la sensibilité d’Angélique Boulay.
Personnalité entière, Etty Hillesum ne masque rien de sa quête d’espérance et d’un amour absolu. Le metteur en scène Mourad Berreni a su pudiquement transformer sur le plateau son dévouement à autrui et sa confiance en l’humanité au moment où elle vit la pire page de son histoire. Dirigeant la lumineuse Angélique Boulay, seule en scène, il nous livre un florilège d’extraits tous plus introspectifs les uns que les autres. Bouleversant.
La mise en scène toute en humilité et en micro trouvailles, porte une œuvre et une interprète au plus près de la vérité. Au creux de votre oreille… mieux au creux de votre poitrine, de ce lieu secret, intime… celui capable de transformer un être humain en saint. En ces temps troublés où la barbarie retrouve bien du souffle, porter la voix d’Etty Hillesum relève du devoir. Un metteur en scène et une comédienne l’ont bien compris, grâce leur en soit rendue.
Plusieurs adaptations théâtrales ont été faites et la dernière est un pur bijou littéraire, interprétée avec une grâce infinie par Angélique Boulay. Son éclatante interprétation participe à la réussite de ce moment tout en émotions et en justesse en quête de sens et de lumière. Retenons les mots du metteur en scène Mourad Berreni : « Les mots d’ Etty agissent comme un guide et une alarme contre tous les extrêmes de la pensée… ». À voir absolument.
À l'aube, une amie
Synopsis
Judith, éternelle jeune femme, cherche dans le désir de l'autre et dans le désir tout court son épanouissement. Anne, à l'aube de ses 60 ans, se demande si elle peut encore y croire. Alice et Stéphane, en devenant parents, semblent devoir renoncer au rêve du "tout possible".
Qu'est-ce que cela veut dire "être femme, être mère, être amante" ?
Qu'est-ce que cela veut dire "se réaliser" ? Peut-on tout concilier ?
Qu'est ce que cela veut dire "être désirant", est-ce que cela suffit pour se sentir vivant ?
Voici les questions qu'explorent "À l'aube une amie", dont l'écriture a en partie été inspirée par une trajectoire personnelle, évidemment, mais aussi par la lecture des livres d'Anne Dufourmantelle, philosophe et psychanalyste, qui a écrit plusieurs livres en lien avec ces questionnements ("La Femme et le sacrifice", "La sauvagerie maternelle", "L'éloge du risque...)
Résumé :
Dans un monde en perte de sens, elle cherche l’appel vers un plus grand. Elle ne le trouve pas dans les églises, mais dans les milongas. Un jour elle rencontre un homme qui lui dit : « On n’approche pas du sacré sans crainte de le profaner ». Il l’aime mais ne la touchera pas. Déflagration.
Elle ne comprend pas pourquoi la présence de cet homme vient la bouleverser et pourquoi cette phrase vient si profondément la chercher. Qu’est-ce qui dans son histoire est ainsi réveillé ?
Quand il disparaît, le sol se dérobe, poussée dans ses retranchements, elle retraverse son histoire et celle de sa famille, cherche désespérément un sens, en appelle aux Dieux, en appelle aux hommes, pour comprendre pourquoi depuis toujours elle se sent l’objet d’une course folle.
À Dieu la nuit
Extraits
« M. M, je t’appellerai. À notre première rencontre tu m’écrivais ;
"On n’approche pas du sacré sans crainte de le profaner."
Quand tu me l’as dit, j’ai reculé.
Enfin, je pouvais m’incliner, quelqu’un pour me le dire, quelqu'un pour en être le garant.
"On n’approche pas du sacré sans crainte de le profaner "
Je sais bien que les
autres sont plus mesurés, c’est la part de Folie en moi. La Folie qui croit au
grand amour, à la passion qui te brûle.
Mais à 17 ans c’est acceptable. D’où vient qu’a plus de 40 ans le
feu à l’intérieur est pourtant toujours là. D’où vient que chaque blessure
d’amour me renvoie à cet animal qui pleure d'effroi
…oui mais la flamme alors … La lumière là…rien à faire elle ne
passe pas – la lumière là…elle est apparue…j’en fais quoi dites-moi maintenant
de cette lumière là
Qui je cherche quand je te cherche toi ?
Quand je t’ai trouvé toi, d’où me vient que je te cherche
encore ?